Djian

philippe djian

Bon, je le sais bien, il est de bon ton de ne pas aimer Philippe Djian. Certains diront que ce n’est pas de la littérature, d’autres pointeront du doigt le style pas assez machin… ou trop je ne sais quoi !

Moi, tout ça m’est bien égal. Ce que je sais, c’est que c’est Djian qui, il y a bien longtemps, m’a fait tomber amoureux de la littérature. Ses premiers romans ont été pour moi des révélations. Pour la première fois, je me sentais des points communs avec des personnages de fiction, ces gars un peu désabusés qui se prenaient les pieds dans le tapis de la vie, ces gars qui essayaient juste de souffler un peu…

Et puis, Djian m’a propulsé à la découverte des grands écrivains américains que sont Raymond Carver, Richard Brautigan et John Fante. Et ça, vous en conviendrez, ce n’est quand même pas rien !

Alors son style, vous allez me dire ! justement, parlons-en de son style !
Moi c’est bien simple, une phrase de Djian, je la reconnais à deux kilomètres, même un jour de brouillard. Souvent, ce n’est même pas une phrase, juste deux mots mis côte à côte, comme ça, presque négligemment. Ca suffit, on sait que c’est de lui ! Ca ne pouvait être que de lui !

Allez quelques illustrations. Qui d’autres que Djian aurait pu écrire ces phrases ? Allez dîtes le moi ! :

« Ils ont de la chance ceux qui se consument de l’intérieur, ils brillent d’une belle lumière, on les reconnaît plus facilement » Maudit manège

« La route n’est pas si longue, mais elle ne finit jamais. Eviter un obstacle, c’est aller au devant d’un autre. Il n’y a rien de solide sous nos pas » Lent dehors

« Se fixer des buts dans la vie, c’est s’entortiller dans des chaînes » 37,2° le matin

« Elle prend son café en riant
Elle me regarde à peine
Plus rien ne la surprend sur la nature humaine
C’est pourquoi elle voudrait enfin si je le permets
Déjeuner en paix » Déjeuner en paix