Pessoa

fernando pessoa

Allez le hors sujet du week-end.
Je vais vous parler aujourd’hui de l’amour que je porte à l’oeuvre extraordinaire de Fernando Pessoa (1888 – 1925).

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Ce petit homme singulier et introverti vivait à Lisbonne où il était un obscur employé de bureau le jour. Mais le soir, une fois rentré dans la chambre qu’il louait, il écrivait. Il a écrit ainsi pendant 30 ans une oeuvre littéraire unique qui constitue à elle seule un pan incontournable de la littérature portugaise. Et pourtant, Pessoa n’a été reconnu qu’après sa mort.

« Pesoa » en portugais signifie « personne » et Pesoa s’est efforcé, sa vie durant, de n’être personne. Ainsi il n’a publié de son vivant et sous son nom qu’un seul livre. Il créait des doubles de lui (qu’il appelait des hétéronymes) et son oeuvre a ainsi été publiée sous d’autres noms : Alberto Caeiro, Alvaro de Campos, Bernardo Soarès…

Je parle d’une oeuvre formidable et le mot n’est certainement pas trop fort. A sa mort, on a ainsi retrouvé une malle remplie de plus de 27 000 textes desquels on a tiré, entre autres, son fameux « livre de l’intranquillité ».
Je vous conseille ce livre extraordinaire qui est un peu le journal intime de Pessoa.

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François Busnel du Magazine littéraire a écrit « Le Livre de l’intranquillité est le récit du désenchantement du monde, la chronique suprême de la dérision et de la sagesse mais aussi de l’affirmation que la vie n’est rien si l’art ne vient lui donner un sens. »

Ce livre est sur ma table de nuit, comme on dit, et je l’ouvre régulièrement.

Allez un petit extrait pour illustrer le talent de Pessoa :

« Ce matin, je suis sorti très tôt parce que je m’étais éveillé encore plus tôt et qu’il n’y avait rien que j’eusse envie de faire.

Je ne savais quelle direction prendre, mais le vent soufflait fort, il poussait d’un côté, et je suivis le chemin vers quoi le vent me soufflait dans le dos.

Telle a toujours été ma vie, et telle je désire qu’elle soit à jamais. Je vais là ou le vent m’emporte et je ne me sens pas penser »

Pour finir, il est impossible pour moi de parler de Pessoa sans évoquer Antonio Tabucchi. Il a été son traducteur et a construit lui aussi une oeuvre admirable.

Mon livre préféré de Tabucchi s’appelle « le fil de l’horizon » ; mais ça, je vous en parlerai une fois prochaine.