changer de vie

Je m’aperçois avec horreur que je ne m’étais pas encore présenté.

Il est temps de lever un peu le voile : 47 ans, une épouse exceptionnelle, deux enfants admirables, un chat de gouttière manipulateur (vous n’imaginez pas ce dont il est capable pour avoir du pâté !).

Après 20 ans de postes à responsabilité dans le milieu des assurances, j’ai décidé un beau jour de  faire exactement ce dont j’avais envie :  à savoir fabriquer de beaux bracelets pour de belles montres pour de belles personnes.

La vie est trop courte pour ne pas tenter l’aventure ! Trop courte pour ne pas conjuguer le mot liberté à tous les temps (euh… Liberté ce n’est pas un verbe ; ça ne se conjugue pas ! M’en fout ; liberté j’ai dit, donc je fais ce que je veux !…).

Le déclic ça a peut-être été cet extrait (un peu excessif peut-être, je vous l’accorde ! :-)) de « maudit manège » de Philippe Djian :

« la société ne vous jugeait qu’en fonction de votre capacité à décrocher un boulot et à vous y cramponner comme un chien enragé. Faute de quoi vous n’étiez qu’un pâle crétin, un pauvre dégénéré, une sorte de fou. Mais quelle plus grande folie pouvait-on imaginer que de passer sa vie derrière un bureau ? Quel plus grand mensonge pouvait-on se faire à soi-même que de bâtir son existence sur du vide .. Alors que la seule chose vers laquelle doit tendre un individu normal, c’est la liberté, pas la prison à vie… La vie n’était pas si effrayante que ça pour qu’on veuille s’enfermer à double tour. »

En tout état de cause, un beau jour, j’ai décidé de devenir libre. Bon, je ne souhaite pas non plus cracher dans la soupe. J’ai été super heureux aussi à l’époque où j’étais inscrit dans la ronde folle des grosses entreprises (j’adorais le travail en équipe qui risque bien de me manquer un de ces jours…), mais je me rends compte à présent que c’était au prix de tout un tas de belles choses que je ne voyais plus. Tous ces moments de contemplation, ces petites choses, la course des nuages dans le ciel, la plage juste après la tempête, et je ne vous parle même pas de la poésie de la pluie qui trouble le bassin pendant que je bois un café derrière la baie vitrée. Au prix aussi du temps passé avec les miens et ça, ce n’est pas la moindre des choses.

Bon bien évidemment, depuis que je fabrique vos bracelets, je m’aperçois que je n’ai jamais autant travaillé. Mais ce n’est pas pareil. Je n’ai plus l’impression de travailler ; j’ai l’impression de vivre !

Alors voilà, je suis Charles ; vous me connaissez à présent peut-être mieux. Je suis le gars qui fabrique vos bracelets, le gars qui vous remercie pour votre fidélité, le gars qui essaye d’aller au bout de son rêve…

charles

 

 

Liberté ! (je ne savais pas comment illustrer mon changement de vie ; j’ai finalement pris cette photo à côté de chez moi avec le costume que je n’ai plus mis depuis très longtemps…). Au loin, passe un voilier… Comme un clin d’oeil du destin !…